Le « Bateau-Phare », paradis de la tradition coutelière

A proximité de l’église de Saint-Martin de Ré, « Le Bateau Phare » ne ressemble à aucune autre boutique de cette rue de Sully si fréquentée, que l’on descend ou que l’on remonte selon que l’on va ou que l’on vient du port. Soir et matin, son propriétairedéfait et refait inlassablement sa vitrine. Car on ne plaisante pas avec les couteaux, et ils ne sauraient rester ainsi exposés la nuit durant à la lumière lunaire. Bienvenue dans le petit monde de Luc de la Tranchade !

« Le Bateau Phare » est un endroit particulier, tranchant (si l’on peut dire) avec les autres commerces de la rue de Sully. Et la première des surprises c’est la boutique elle-même, une ancienne pharmacie dont on peut encore apprécier les boiseries et les bocaux d’apothicaire, toujours posés sur leurs étagères. Là s’arrête l’allusion au domaine de la pharmacopée. Car partout, il y a… Des couteaux ! Ils sont si nombreux que l’on ne peut d’un seul regard les découvrir tous. Il y en a de simples et de sculptés, des petits aux manches colorés qui ont l’air inoffensifs et de plus grands à l’aspect menaçant. Couteaux de poche, couteaux de table, couteaux de cuisine ou couteaux de marins, du simple opinel à la création artisanale, impossible de ne pas trouver couteau à sa main dans cette caverne d’Ali Baba !

 

Le parcours d’un passionné

Lorsqu’il reprend la boutique familiale en 1992, Luc de la Tranchade n’hésite pas longtemps : il sera coutelier, comme une réminiscence de sa passion d’enfant. Car Luc est d’une génération où avoir un couteau dans sa poche était chose courante. Entre parties de pèche et virées dans les pinèdes, les jeunes rhétais étaient tous de petits « MacGyver ». Ainsi naît donc « Le Bateau Phare », en 1992. Habitué des lieux de production, Thiers et Laguiole, Luc de la Tranchade s’intéresse à tout le spectre de la coutellerie et à l’histoire des ces couteux dits néo-régionaux portant le nom des villages où ils sont nés. Car vendre des couteux c’est bien, mais Luc ne saurait se contenter d’un statut d’expert en son domaine. Alors, il y a environ 10 ans, avec le soutien de son épouse Sylvie qui le seconde à la boutique, il lance sa propre production.

L’aventure continue donc avec des couteaux conçus et fabriqués par le capitaine du « Bateau-Phare ». Ainsi naît le « Rétha » qui connaît rapidement le succès. S’ensuivront le « Terre-Mer », le « Saint-Martin » et « L’Insulaire », sans oublier le remarquable « Huîtrier fermant », premier couteau à huîtres fermant du monde (excusez du peu). Elaborés dans le respect de la tradition et de l’excellence, les couteaux de Luc de la Tranchade lui valent aujourd’hui une place dans le jury élisant chaque année le « Meilleur Ouvrier de France » dans le domaine très pointu de la coutellerie.

 

Evidemment tous les couteaux de Luc fleurent bon le vent du large qui souffle si souvent en terre rhétaise. Alors si vos pas vous mènent jusqu’à ce « Bateau Phare » accroché en haut de la rue de Sully au cœur du village de Saint-Martin de Ré, ne vous étonnez pas d’y trouver aussi de belles reproductions de bateaux et autres objets de marine. Après tout, même si le couteau triomphe en ces lieux dans toute sa diversité, l’océan reste maître de cette île !